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Les mesures drastiques contre le coronavirus: elles peuvent causer plus de dégâts qu’elles n’en évitent.

Juan Gervás

Comme en juge l’auteur, les mesures drastiques face au coronavirus (Covid-19) vont être négatives parce qu’indiscriminées et parce qu’elles ne répondent pas à des principes scientifiques ; puisqu’entre autres aspects, il n’a pas été montré que les nombre total de décès a augmenté. On va voir que, en accord avec le dicton populaire, le remède peut être pire que la maladie.

Mortalité du covid-19

La mortalité du nouveau coronoavirus est de 2 %, avec des variations selon les régions et les situations. Sa mortalité est plus haute chez les personnes âgées, chez les hommes et chez ceux qui ont des maladies chroniques comme l’hypertension, le diabète, des maladies cardiovasculaires, des maladies respiratoires chroniques et autres. Les morts ont tendance à se produire par pneumonite virale (affectation directe du poumon par le virus) ou par pneumonies bactériennes qui s’y superposent. Dans chaque cas, la réaction de défense immunologique du patient peut être excessive et contribuer au dommage mortel (une réponse immunitaire hors de contrôle).
https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2762130?guestAccessKey=bdcca6fa-a48c-4028-8406-7f3d04a3e932&utm_source=For_The_Media&utm_medium=referral&utm_campaign=ftm_links&utm_content=tfl&utm_term=022420&mod=article_inline
https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2763184
https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(20)30566-3/fulltext
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.1002/jmv.25685

Chez ces personnes, vieilles, hommes et malades, la mortalité n’est probablement pas extraordinaire mais plutôt celle qui « est habituelle », celle qu’il y aurait eu quoi qu’il arrive, avec ou sans pandémie. Son impact sur la mortalité totale sera probablement nul. Nous allons probablement «récolter» (le déplacement de la mortalité dénote une augmentation temporaire du taux de mortalité (nombre de décès) dans une population donnée, également connu sous le nom de surmortalité ou de surmortalité. Il est généralement attribuable à des phénomènes environnementaux tels que les vagues de chaleur, le froid épisodes, épidémies et pandémies, en particulier les pandémies de grippe. Il est impossible de remarquer son impact sans les actualités, parce que le nombre de morts est insignifiant dans un monde où meurent des millions de personnes chaque année (et la moitié d’entre elles en relation avec la faim et la guerre). https://www.bmj.com/content/368/bmj.m800/rr-1

Pour nous faire une idée : en Chine, depuis le premier janvier jusqu’au 13 mars, 3179 personnes sont mortes du nouveau coronavirus, dans un pays où 28000 personnes meurent chaque jour. Dans le monde, 5065 personnes sont mortes [du coronavirus] et chaque jour meurent dans le monde plus d’un million de personnes. En Espagne, 84 morts dans un pays où quotidiennement meurent 1170 personnes.

En d’autre termes, jusqu’au 13 mars la pandémie n’augmente pas le nombre total de morts. Il y a les morts qu’on pouvait attendre, sans changements dans les tendances. En fait, au Royaume-Uni (Angleterre et Pays de galles) on a pu même démontrer une diminution du nombre de morts, total et pour causes respiratoires. https://blogs.bmj.com/bmj/2020/03/11/carl-heneghan-assessing-mortality-during-the-covid-19-outbreak/

Il faut souligner qu’on n’a pas à disposition des données de mortalité par classe sociale, mais il faut s’attendre à ce les pauvres soient plus nombreux à mourir, car les déterminants sociaux pèsent sur la défense individuelle et de groupe. Par exemple, les personnes sans logement ont tendance à avoir de la malnutrition, et il est presque impossible qu’elles appliquent des normes hygiéniques simples comme le lavage des mains. https://www.theguardian.com/world/2020/mar/12/coronavirus-and-the-risk-to-the-homeless

La relative mortalité du coronavirus

La mortalité est relative car elle dépend de comment on diagnostique la maladie. Si on fait des tests diagnostics à toute la population il y aura beaucoup de patients qui auront un résultat positif sans présenter de symptômes, ou avec des gênes mineures, de type rhume commun. Dans ce cas la mortalité sera moindre. Cela peut être le cas en Corée du Sud, avec une mortalité de 0,7 %. Sa stratégie s’est basée sur une recherche active des cas et sur leur isolement volontaire, avec des postes publics dans la rue pour faciliter les tests diagnostics gratuits sur toute la population. https://www.npr.org/sections/goatsandsoda/2020/03/13/815441078/south-koreas-drive-through-testing-for-coronavirus-is-fast-and-free

Quand les cas augmentent beaucoup dans une région géographique, comme à Madrid (Espagne), ça peut être un bon critère de décider qu’on n’a pas besoin de tests diagnostics, qu’il est absurde de perdre du temps et de l’argent, et de considérer que tout patient est malade du coronavirus s’il a les symptômes classiques d’infection respiratoire. Mais, à continuer à faire des tests uniquement sur des patients hospitalisés, il faut s’attendre à une augmentation relative de la mortalité, puisque ces patients sont déjà hospitalisés à cause de leur condition plus grave. C’est-à-dire : il y aura avec certitude plus de morts parmi les diagnostiqués dès lors qu’on diagnostique uniquement ceux qui sont gravement malades.

Par exemple, si dans une certaine ville il y a 1000 cas diagnostiqués avec le test pour le nouveau coronavirus, dont 100 sont admis à l’hôpital et 10 en meurent, alors la mortalité sera de 1 % (10 sur 1000). Si dans la même ville le test est effectué uniquement sur les patients hospitalisés, la mortalité sera de 10 % (10 sur 100).

En tout cas, la mortalité peut varier d’un pays à l’autre sans qu’on en connaisse les causes, comme cela a été démontré dans l’épidémie du syndrome respiratoire du Moyen-Orient, provoquée par un autre coronavirus, MERS-CoV. La mortalité en Arabie Saoudite a été le double de celle de Corée du Sud (40 % contre 20 %). https://link.springer.com/article/10.1186/s12889-018-5484-8

Même avec le nouveau coronavirus, Covid-19, rien qu’en Chine, la mortalité à Hubei (région initiale et la plus affectée) a été de 2,9 %, et dans le reste du pays de 0,4 %. Les données sont provisoires et souvent soumises à des changements https://www.latimes.com/science/story/2020-03-07/why-the-coronavirus-fatality-rate-keeps-changing

Enfin, il faut tenir compte des infections habituelles par des coronavirus « communs ». Dans 25 % des cas une infection ne produit aucun symptôme, mais tous les hivers, par exemple, les coronavirus 229E et OC43 (HCoV-229R et HcoV-OC43) produisent jusqu’à 30 % des épisodes communs de type grippaux, parmi lesquels quelques uns se compliquent et s’associent à l’occasion à des pneumonies, hospitalisations et morts. Même dans les pics d’épidémies grippales, beaucoup de personnes âgées hospitalisées et/ou mortes ont plus souvent été infectés par des virus comme le coronavirus que par des virus de la grippe proprement dits.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3805243/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6154147/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4281811/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6038767/

Erreurs dans le contrôle de la pandémie

Depuis le début on a mis en œuvre des mesures qui manquent de fondement scientifique, comme les quarantaines forcées de millions de personnes, le blocage de ligne aériennes et les contrôles aux aéroports, la fermeture des frontières, la suspension des communications, l’usage de masques faciaux et autres, avec une ignorance totale de la dynamique de la panique.
https://ajph.aphapublications.org/doi/full/10.2105/AJPH.2005.077305
https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/dewb.12165
https://dsc.duq.edu/etd/1756/
https://www.telegraph.co.uk/global-health/science-and-disease/coronavirus-do-control-disease-outbreak-do-face-masks-work/
https://www.actasanitaria.com/coronavirus-from-wuhan-china-2019-ncov-what-you-need-to-know-to-avoid-a-panic-epidemic/

Ainsi, par exemple, la « distance sociale » de 2 mètres entre personnes manque de preuves d’efficacité, et d’autant plus quand on connaît peu les mécanismes de transmission et quand le coronavirus peut persister jusqu’à 3 heures dans l’air, et jusqu’à 3 jours sur des superficies de plastique et d’acier inoxydable.
https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD006207.pub4/full
https://blogs.bmj.com/bmj/2020/03/02/tom-jefferson-covid-19-many-questions-no-clear-answers/
https://www.pbs.org/newshour/health/preliminary-research-suggests-new-virus-may-live-on-some-surfaces-for-up-to-3-days

N’ayant pas de base scientifique, l’échec est global et en deux mois le nouveau coronavirus est arrivé jusqu’au dernier confin du monde et la panique s’est emparée des « autorités » et des populations. Á quoi à servi d’annuler les vols vers et depuis la Chine, par exemple ?

Au lieu de reconnaître l’échec, la réponse habituelle est : plus de la même chose, avec l’idée qu’ « on a raté pour ne pas avoir pris des mesures drastiques depuis le début ». On se sert en outre comme d’un modèle du succès de la Chine, qui est en train de contenir la pandémie dans son territoire. On attribue, sans plus de réflexion, la causalité aux mesures dites, alors que l’attitude scientifique est d’y attribuer une association. C’est-à-dire : on ne pense pas qu’il y a une simple association entre les mesures et l’évolution de la pandémie, mais on accepte que les mesures chinoises sont la cause de l’arrêt de la pandémie là-bas. Cependant, on peut voir l’évolution chinoise de la pandémie comme l’issue habituelle de toute épidémie de virus respiratoires, comme la grippe, qui commence, atteint un pic et régresse spontanément.

Les mesures pour la contention de la pandémie on tendance à se baser sur des modèles mathématiques étincelants et simples, mais dénués de la moindre finesse, comme inclure des informations clefs sur les coûts des alternatives, des effets adverses sur la santé et autres données fondamentales. Et cela, aussi bien en général que dans des cas concrets comme l’Espagne.
https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-67362030567-5/fulltext?fbclid=IwAR3apqx1mUnG864ZVINig0yfZSgeHq7uwnyUcT1MDcoa67xO6_bPdbsaDmU
https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.03.01.20029801v2.full.pdf

Le brillant des graphiques éblouit et rend aveugle aux dommages que provoquent ces mesures héroïques, toujours justifiées par « aplanir » la courbe d’incidence et faciliter la réponse sanitaire en ayant moins de cas simultanés dans un pic d’épidémie. Le problème c’est qu’il faut démontrer que ces mesures « aplanissent » et il faut aussi démontrer que c’est la meilleure réponse sanitaire dans ses conséquences. À ce jour, c’est seulement de la théorie.

Les modèles mathématiques sont comme des résultats de recherche « sur des souris », juste une première étape et jamais un outil de décision.

Au Royaume-Uni, convaincus que la pandémie n’est pas possible à contenir, ils ont choisi de ne pas recourir à la distanciation sociale, ni à la quarantaine, ni à la fermeture d’écoles. Ils s’occuperont des cas les plus graves, et ont espoir que les cas légers acquièrent une immunité, avec une philosophie générale de « apprendre à vivre avec un virus nouveau qui est là pour rester ».
https://www.newscientist.com/article/2237385-why-is-the-uk-approach-to-coronavirus-so-different-to-other-countries/

La Suède suit une politique similaire. https://www.folkhalsomyndigheten.se/the-public-health-agency-of-sweden/communicable-disease-control/covid-19/

Le taux d’infection de la Corée du Sud diminue sans confinement de villes et de régions comme ceux qui ont eu lieu en Chine ou en Italie. « La prise en charge de l’épidémie à Séoul met l’accent sur la transparence et compte beaucoup sur la coopération publique plutôt que sur des mesures radicales comme des confinements. Tandis que des incertitudes demeurent, elle [cette prise en charge] est de plus en plus vue comme un modèle à imiter pour des autorités qui ont un besoin urgent de garder le Covid-19 sous contrôle ».
https://www.scmp.com/week-asia/health-environment/article/3075164/south-koreas-coronavirus-response-opposite-china-and

Les dommages des «mesures drastiques».

Pour contenir la pandémie on prend des mesures extraordinaires, comme placer en quarantaine forcée un pays entier et interrompre toute activité industrielle et commerciale, y compris l’interruption des activités scolaires à tous niveaux. Par exemple, la Norvège est pour l’essentiel en confinement. Depuis le 12 mars et pour deux semaines, les crèches, écoles, collèges et universités sont tous fermés. Tous les restaurants sont fermés à l’exception de ceux qui peuvent maintenir les clients à un mètre de distance. Les buffets ne sont pas autorisés. Les événements culturels, les compétitions sportives, la plupart des bars et pubs, piscines municipales et gymnases sont fermés. La vaste majorité des attractions touristiques, en ce compris les stations de ski et les musées sont fermés. À partir du 16 mars, tous les aéroports et ports maritimes norvégiens vont être fermés à tous excepté ceux qui rentrent chez eux en Norvège. Cet annonce suit des mesures similaires à celles prises par le Danemark. https://www.forbes.com/sites/davidnikel/2020/03/14/norway-closes-all-airports-to-foreigners-as-coronavirus-cases-mount/#725328211913

Ces mesures ne prennent pas en considération l’impact différencié selon la classe sociale et la situation de marginalisation, et répondent à une mentalité bourgeoise qui, par exemple, demande la réclusion à la maison comme si tout le monde avait une maison, et comme si toutes les maisons étaient confortables. Par exemple : quelle santé apporte le fait de se reclure dans une maison où il y a de la violence, où il y a des coupures d’électricité, où il y a une éviction annoncée, où il y a de la pauvreté, où manque la nourriture,… ? Quelle ironie d’obliger à rester à maison ceux qui n’ont pas de maison, ou ceux qui ne peuvent déjà pas sortir parce qu’ils ont des infirmités limitantes et qu’il n’y a pas d’ascenseur, ou ceux qui vivent dans la solitude avec des difficultés indescriptibles !

« Le danger économique du coronavirus est exponentiellement plus grand que son risque sanitaire à l’égard du public. Si le virus affecte votre vie, c’est le plus probablement en vous empêchant d’aller au travail, en forçant votre employeur à vous rendre redondant, ou en mettant votre affaire en faillite.» https://www.independent.co.uk/voices/coronavirus-deaths-trump-stock-market-pandemic-economy-bankrupt-italy-a9394891.html

La conséquence de beaucoup de « mesures drastiques » est le chômage pour les travailleurs précaires et la faillite pour les petites entreprises. Tout cela affectera plus intensément ceux qui sont marginalisés, qui vivent dans la pauvreté et qui tiennent à un fil pour survivre. Les mesures drastiques affecteront particulièrement les femmes, qui sont déjà le gros des professionnels de santé (70%), qui se confrontent à la souffrance et aux morts, mais aussi aux travailleuses précaires comme les serveuses, les nettoyeuses et « kellys » (nettoyeuses d’hôtel), métiers de soin « formels et informels », les caissières et agentes de recouvrement (« cobradoras ») dans les boutiques et supermarchés, etc. Le solde final des « mesures drastiques » sera l’augmentation des inégalités et de la pauvreté, et ces deux problèmes contribuent fortement à augmenter la mortalité.
https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)32380-7/fulltext
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK43780/

Dans un autre exemple, à Getafe (Madrid, Espagne), beaucoup d’écoles fermées enseignent aux enfants de familles qui sont en risque d’exclusion sociale. Qui peut penser qu’elles vont utiliser internet et participer à des classes à distance quand ils ont des problèmes rien que pour se nourrir ! Ils [les politiciens] prennent des mesures drastiques en pensant aux riches.
https://www.eldiario.es/society/coronavirus-impactan-extraordinarias-familias-vulnerables_0_1004750520.html

Les « mesures drastiques » sont pensées selon l’efficacité mais à quand l’équité dans les mesures drastiques ? À quand la solidarité ? Quand informeront-ils du prévisible impact, en bénéfices et coûts, pour les populations riches et pauvres ? Ça ne leur traverse pas l’esprit, ils vivent dans la richesse. Mais justement aujourd’hui ce serait le moment de, par exemple, introduire un revenu basique personnel qui donne à chaque résident du pays une modeste rétribution mensuelle sans conditions, comme un droit pour survivre à la crise économique qui se profile. Pour l’Union Européenne, le développement de l’épidémie du coronavirus représente un stress économique sévère aussi bien qu’un test de l’unité européenne. L’Europe a besoin d’un plan de soulagement de catastrophe. https://elpais.com/elpais/2020/03/11/opinion/1583929510_196303.html
https://voxeu.org/article/covid-19-europe-needs-catastrophe-relief-plan

Il faut parler de « dictature de la santé » et de « populisme épidémiologique », dans lesquels la santé sert de prétexte à tout, et la fin justifie les moyens.

Face à la pandémie il y a deux objectifs : 1) diminuer les morts, et 2) maintenir la société. Avec les mesures drastiques on n’accomplit aucun des deux, et on renforce des réactions destructrices de la vie en communauté, comme le racisme, la xénophobie, et la panique, par exemple.
https://en.wikipedia.org/wiki/Xenophobia_and_racism_related_to_the_2019%E2%80%9320_coronavirus_pandemic
https://www.project-syndicate.org/commentary/greater-risk-literacy-can-reduce-coronavirus-fear-by-gerd-gigerenzer-2020-03

Ces mesures drastiques indiscriminées de 2020 sont dans le sillage des coupures d’austérité impitoyables qui ont affaibli le système sanitaire public, aujourd’hui tellement nécessaire. Il faut que les professionnels, les patients et les communautés se souviennent de qui a détruit sciemment ce système de santé publique, avec leurs réponses indiscriminées à la crise de 2008.

On pourrait se mettre d’accord de ne pas seulement féliciter les professionnels de santé pour leur résilience face au défi de souffrance provoqué par la pandémie, mais aussi pour être vaillants et prendre de mesures « drastiques » de type : injecter du jour au lendemain les 10.000 millions d’euros qui ont été enlevés entre 2010 et 2013. Il faut éviter la chute du système sanitaire, et ça ne se réalise pas avec des bonnes paroles, avec des applaudissements ou des chants, aussi bienvenus qu’ils soient.

Synthèse

En luttant contre la pandémie de coronavirus (covid-19), soyez prudents et souvenez-vous du principe de base : avant tout, ne pas nuire

Les mesures contre le coronavirus (Covid-19) sont tellement drastiques qu’elles peuvent provoquer plus de dégâts qu’elles n’en évitent. En plus, beaucoup d’entre elles manquent de fondement scientifique et expriment une conception bourgeoise de la société qui expulse à chaque fois plus, et plus loin aux marges, une grande partie de la population. Les mesures drastiques contre la pandémie du nouveau coronavirus, Covid-19, déboucheront à l’augmentation de la pauvreté et de l’inégalité, avec leurs conséquences en termes de souffrance et de morts.

Que faire? # Covid19

Les réponses politiques conduisent à un monde aux frontières de plus en plus rigides, aux mesures de plus en plus “drastiques”, comme si l’avenir de ces générations ou des suivantes n’avait pas d’importance. Les nations semblent préférer l’isolement, se sauver qui le peut et enfin le suicide collectif (d’abord celui des pauvres, bien sûr).L’éthique de la santé publique, en chute libre dans les réponses à la pandémie. L’éthique de la santé publique, perdue dans la pandémie  https: //www.thehastingscenter.org/covid-19-and-the-global-ethics-freefall/

C’est la «Règle du Sauvetage» dans son expression maximale (éviter le mal présent pour provoquer le mal total futur). Sauvez-vous, ce qui le peuvent! https://jme.bmj.com/content/34/7/54016

“Si nous décidons de sauter de la falaise, nous avons besoin de quelques données pour nous informer sur la justification d’une telle action et les chances d’atterrir dans un endroit sûr”. https://www.statnews.com/2020/03/17/a-fiasco-in-the-making-as-the-coronavirus-pandemic-takes-hold-we-are-making-decisions-without-reliable-data/

Dans un sens positif, que faire?

1. Tranquillité et agir comme dans toutes les épidémies de virus respiratoires (bonne hygiène personnelle et zones de travail domestique, lavage méticuleux des mains, éviter les foules et surtout les endroits comme les hôpitaux et les centres de santé, bonne nutrition et éviter les méthodes physiques et pharmacologiques contre la fièvre).
2. Garder autant de patients que possible à domicile, en quarantaine volontaire, pris en charge par leurs propres professionnels de soins primaires (également en dehors des «heures de travail», y compris les nuits et les jours fériés).
3. Mesures d’hygiène extrêmes chez les professionnels des patients hospitalisés et chez les patients eux-mêmes.
4. Acceptez (la société et les professionnels) que de nombreux décès dus à Covid-19 ne sont pas évitables, que le virus modifie la cause du décès, que la “fureur thérapeutique” doit être évitée car c’est un mauvais médicament, sans éthique (il y a un temps pour mourir, mourir en paix, accompagner l’agonie et laisser les mourants tranquilles.)
5. Injecter de l’argent dans le système public pour qu’il ne s’effondre pas et
6. Éliminer l’état d’alarme et les quarantaines forcées de millions de personnes et introduire des mesures anti-panique, telles que a / la participation populaire aux décisions, b / les décisions qui incluent toujours les coûts et l’évaluation des dommages évités et causés, c / comités de une éthique large (y compris par exemple des philosophes et des caissiers de supermarché) qui valorise les mesures, la transparence et l’information (non seulement le nombre de cas mais aussi les hospitalisations et les décès, par tranches d’âge, sexe, classe sociale, maladies et consommation de médicaments pour ces maladies), e / favoriser les réseaux de solidarité et f / introduire l’équité dans toutes les mesures afin que l’impact soit toujours pris en compte dans tous les groupes de population, y compris ceux qui sont marginalisés et les plus fragiles.

Juan Gérvas

Médico general jubilado, Equipo CESCA (Madrid, España). [email protected]; [email protected]; www.equipocesca.org; @JuanGrvas

3 Comentarios

  1. AGUSTIN SALVADOR BESGA says:

    Suelo seguir con mucho interés sus opiniones, y lo seguiré haciendo, porque le considero muy competente como médico. Ahora bien, en este extenso y documentado artículo, tengo la impresión, con el debido respeto, de que mezcla churras con merinas y no veo nada claro cuáles son las medidas prácticas que propondría si, por ejemplo, fuese el Ministro de Sanidad. Concretas y detalladas. Gracias y saludos.

  2. Juan Gérvas says:

    -gracias por el comentario
    -nunca seré ministro de sanidad
    -las medidas propuestas constan en el texto, y en el de hace dos meses
    Medidas contra la pandemia del Covid-19, pueden causar más daños que eviten
    https://www.actasanitaria.com/medidas-contra-el-coronavirus-tan-drasticas-que-pueden-provocar-mas-dano-del-que-eviten/
    Coronavirus, lo que hay que saber para evitar el pánico
    https://www.actasanitaria.com/coronavirus-de-wuhan-china-2019-ncov-lo-que-tiene-que-saber-para-evitar-una-epidemia-de-panico/
    -un saludo juan gérvas @JuanGrvas

  3. AGUSTIN SALVADOR BESGA says:

    Gracias por su respuesta. Lo que sí parece fuera de toda duda es que esto no es una gripe más y que exige de medidas, algunas drásticas. Un saludo.

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